Publié le 14 Février 2024

Les élèves d’une classe de 3ème du collège Joliot Curie de Longueau, encadrés par leurs professeurs Lucie Barthélémy et Javier Alonso, ont travaillé sur le projet : « Jeunesse et Résistance » financé par le Conseil départementale de la Somme.
Pour cela, ils ont bénéficié d’une conférence par l’historien Guillaume Pollack, spécialiste de la période.
Après quelques rencontres avec les professeurs pour déterminer le déroulement de nos interventions, une exposition sur la Résistance a été prêtée par l’ONAC pendant une semaine au collège et notre association a aussi prêté des objets de la Seconde Guerre mondiale.

Nous avons reçu les élèves au Poteau des Fusillés vendredi 26 mai 2023.
Après une visite guidée du lieu par les membres de l’association, les élèves ont présenté leur travail avec une belle scénographie imaginée par eux. Ainsi, ils étaient habillés en bleu-blanc-rouge, ils ont lu les lettres émouvantes des fusillés de la Citadelle. Une minute de silence a été observée et ils ont terminé par le poème de Paul Eluard : LIBERTE en arborant également en blanc-bleu-rouge, les lettres formant ce mot qui nous transportait à la libération.

Un travail très appréciable et qui a montré que les élèves avaient eu plaisir à l’élaborer.
Bravo à leurs professeurs qui ont su impulser ce sens du travail bien fait, ainsi que les connaissances nécessaires pour sa réalisation.
Le 1er juin, nous sommes intervenus dans la classe pour parler de la Résistance dans la Somme et de notre association.
Un grand plaisir partagé.
Anatolie MUKAMUSONI

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Publié dans #Projets scolaires

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Publié le 14 Février 2024

Raymond Martin à gauche sur la photo

Raymond MARTIN est né le 18 décembre 1921 à Pont de Metz. Il a été arrêté le 25 août 1943 par le BDS Paris (Gestapo), soupçonné de faire partie de la Résistance. Il est incarcéré à la prison d’Amiens.

Pour bon nombre de Messipontins, Raymond Martin avait disparu lors du bombardement de la prison le 18 février 1944 (opération RAMROD 564 dite opération Jéricho), mais ce dernier avait été dirigé vers Compiègne (Royallieu) avant le 22 janvier 1944.

Raymond Martin a été transféré de Compiègne vers BUCHENWALD le 22 janvier 1944, arrivé le 24 janvier sous le matricule 43075 ; Puis transféré vers FLOSSENBURG le 23 février 44 sous le matricule 5251, il a été affecté au Kommando de GRAFENREUTH le 11 avril 44 puis au Kommando de NOSSEN, dépendant tous deux de FLOSSENBURG, retour à FLOSSENBURG le 2 janvier 45.
FLOSSENBURG a été évacué les 19 et 20 avril 45. De 14 à 15.000 détenus, en colonne par 5, sont partis à pied vers le sud. Près de la moitié a été décimée pendant cette marche (marche de la Mort).
Raymond Martin a été libéré le 23 avril 45 par les Américains dans la région de CHAM en Bavière. Il n’a jamais été rapatrié comme beaucoup d’autres qui sont décédés les jours ou semaines après leur libération, vu l’état déplorable de leur santé, causé par toutes les souffrances endurées.

Gérard Cozette

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Publié le 14 Février 2024

 

Le 2 août 2023, à l’initiative de Monsieur Michel Delépine, maire de Mers-les-Bains,s'est tenue au poteau des fusillés à la Citadelle d’Amiens, une cérémonie en hommage aux 11 Résistants du groupe Michel mais surtout à Jules MOPIN et Ernest LESEC, originaires de Mers les Bains.

A 6h du matin, à l’heure et l’endroit où ces deux Résistants ont été exécutés,  sous une pluie battante, Monsieur Delépine, Monsieur Maquet, député de la Somme, Monsieur Matthieu Beauvarlet, représentant la municipalité d’Amiens et Madame A. Mukamusoni, présidente de l’association  Centre de Mémoire et d'Histoire-Somme-Résistance et Déportation ont prononcé leur discours. Le traditionnel dépôt de gerbes a été suivi par la Marseillaise et le Chant des Partisans, entonnés à Capella par l’assistance. Une cinquantaine de personnes dont 28 venues de Mers les Bains étaient présentes.

La dernière lettre d’Ernest Lesec a été lue à 6h34, l’heure exacte de son exécution et 2 arrière-petites nièces de Jules Mopin ont également lu la dernière lettre de leur grand-oncle.
Un petit déjeuner a ensuite été offert par la municipalité de Mers à l’hôtel Mercure d’Amiens cathédrale, près de la cathédrale.

Les Mersois ont ensuite eu droit à une visite des lieux emblématiques de la Citadelle.
                                                                                                                            Jackie Fusillier

Discours de M. Delépine, maire de Mers-les-Bains

Ernest Lesec, Jules Mopin, en ce 2 août 2023 à l’heure même de votre exécution, nous avons à coeur, 80 ans plus tard, d’être là.

Au-travers de ses représentants et de son maire, la Ville de Mers-les-Bains, VOTRE commune, revient ici même pour vous dire que le temps n’a absolument rien altéré ! En cet instant, nous voulons nous plonger, nous fondre dans cet univers atroce qui fut le vôtre, nous venons et nous voulons vous dire que l’histoire mersoise s’est nourrie et se nourrit toujours de votre exemple, que les nouvelles générations vous connaissent, que vous êtes intrinsèquement, une part de nous-mêmes.
Oui, nous nous sommes construits et nous continuerons de nous construire avec vous !
Nous sommes venus vous dire notre petitesse et notre insignifiance face à l’ultime sacrifice vers lequel vous vous êtes acheminés, avec un courage, une foi, un détachement incommensurable !
Même s’il en faut, aucun mot, aucune formulation, aucune littérature ne peuvent le traduire Avec une profonde humilité, c’est notre coeur, c’est notre esprit, c’est notre âme qui s’expriment intimement, silencieusement, intensément.

Ernest Lesec, Jules Mopin et tous vos camarades qui êtes tombés sur ce sol que nous foulons, imprégné pour l’éternité de votre sang , nous vous sommes redevables.
Le même système contre lequel vous vous êtes élevés, que vous avez combattu à mains nues, celui qui vous a arraché à la vie en pleine jeunesse, ce même système renaît, la bête immonde s’est réveillée.
Les discours décomplexés de haine et d’intolérance, d’exclusion et de repli sur soi font notre quotidien. A nous de les contrer, à nous d’exiger de nos politiques aucune compromission.
Il me semble vous entendre nous murmurer que le moment est préoccupant, qu’il est redevenu dangereux, que nous sommes bel et bien sur le fil du rasoir. ATTENTION !!!
Prétendre être passeurs de la Mémoire, implique de prendre des décisions fortes et de ne céder à aucune tergiversation. C’est ainsi qu’ici même, se doit d’être édifiée une véritable et indispensable structure de la connaissance et de la transmission ; un impérieux et pérenne hommage, un outil indispensable pour préserver les futures générations du pire !
Là encore, c’est le moment ! Les témoins s’estompent jour après jour, nous sommes à LA période charnière, demeurons actifs avant qu’il ne soit trop tard !

Pour que puisse vivre la République et que puisse vivre cette France, notre France que vous avez exemplairement chérie et sauvée, par votre sang versé.

Discours de M. Maquet, député de la Somme

 Jamais dans l’histoire des conflits, un si grand nombre d’hommes ont dû autant à un si petit nombre.
C’est avec ces mots que Winston Churchill rendit hommage à la Résistance française, à ces femmes et ces hommes qui se sont levés à l’appel du Général de Gaulle, ou simplement portés par leur conscience individuelle, leur sens de la Patrie de leur pays qu’ils ne pouvaient concevoir que libre et indépendant.
Dans cette France occupée, des femmes et des hommes de tous horizons, de toutes opinions, ont choisi l’action clandestine avec un admirable courage. Prêts à sacrifier leur vie, ils étaient soudés dans une fraternité qui était bien souvent leur seule force.
Parmi ces femmes et ces hommes ordinaires résolus à accomplir l’extraordinaire, il y avait de nombreux mersois. Certains sont restés dans l’anonymat. D’autres sont connus et familiers de tous, notamment parce que des rues de notre ville ont été baptisées en hommage à leur sacrifice.

Près de 80 ans après, les conséquences de cette terrible période subsistent encore dans de nombreuses familles mersoises : perte d’un frère, d’un père, d’un cousin, d’un copain… Si Mers les Bains a été reconnue comme capitale de la Résistance en Picardie maritime par Max Lejeune, alors secrétaire d’état, c’est bien qu’ici, peut- être plus qu’ailleurs, le conflit laissa des blessures profondes.
Tous ces héros doivent, à jamais, entrer au Panthéon de la mémoire collective mersoise.
C’est la raison pour laquelle nous sommes réunis ici, au pied de la Citadelle d’Amiens, là où il y a 80 ans, jour pour jour, deux de ces héros mersois furent victimes de la barbarie nazie.
Le lundi 2 août 1943, à 6h15 et à 6h34 précises, Ernest LESEC et Jules MOPIN, ainsi que 9 de leurs camarades du groupe Michel, ayant participé au spectaculaire sabotage de la voie ferrée Amiens-Abbeville à Hangest-sur-Somme le 16 avril 1943, ont été fusillés dans les fossés de cette Citadelle.
Jusqu’à leur dernier souffle, ils ont incarné toute la force, le courage et la bravoure de la résistance française. Ils n’avaient pourtant que 25 et 22 ans.

Vous le savez tous, Ernest LESEC et Jules MOPIN ne sont malheureusement pas les seuls Mersois qui ont péri en ces lieux. André DUMONT fut lui aussi fusillé quelques mois plus tard, le 5 février 1944, il avait 23 ans.
Ce que nous enseigne leur sacrifice, c’est qu’au moment, où l’essentiel est engagé, dans ces heures tragiques où l’honneur et l’indépendance de la Nation sont en péril, le plus utile, le plus précieux, ce ne sont pas les idéologies, ce ne sont pas les systèmes ou les partis… C’est la force d’âme, l’attachement viscéral à la patrie, c’est la faculté de se lever et de dire non ».
En résistant et en allant jusqu’au sacrifice ultime, ces mersois ont dit « non » à l’abaissement, « non » à la fatalité, « non » au renoncement, « non » au défaitisme « non » aux arrangements, « non » aux concessions, « non » à l’abandon de la France.
Ce « non », c’est un cri éternel que la liberté humaine oppose à tout ce qui menace de l’asservir.
Ce cri, ce matin, nous l’entendons encore.
Ce cri, nous devons le transmettre, car une Nation n’est libre et forte que lorsqu’elle s’élève à la hauteur de ses héros.

Ce qu’ont fait ces martyrs Mersois, et avec eux toute la Résistance Française, ne doit pas seulement relever de l’Histoire. Ce qu’ils ont réalisé doit continuer de faire partie de la mémoire vivante de notre pays. La France Libre, la Résistance, c’est une partie de notre identité nationale. C’est l’expression la plus haute et la plus compréhensible de nos valeurs.
Comme un symbole, cette Citadelle au pied de laquelle nous nous trouvons, ce lieu de détention, de torture et d’exécution sous l’occupation est aujourd’hui un magnifique lieu de vie, de savoir et de transmission.
Alors transmettons, apprenons à nos enfants à être fiers de leur pays, à être fiers de nos valeurs, à être fiers de ce qu’ont réalisé les générations qui les ont précédés.
Face aux défis d’aujourd’hui et de demain, puissions-nous nous inspirer, encore et toujours, de leur héroïsme et de leur abnégation. Ils sont l’illustration parlante de ce que l’âme de la France sait produire de plus grand, de plus digne et de plus fidèle à ses valeurs.

Pour que vive la mémoire d’Ernest LESEC et Jules MOPIN !
Pour que vive la mémoire des résistants mersois !
Pour que vive l’esprit de la Résistance !
Vive la République et vive la France !

Discours de M. Beauvarlet, adjoint au maire d’Amiens, représentant Mme Fouré, maire d'Amiens.


Il y a 80 ans jour pour jour, à cette heure précise, la ville d’Amiens connaissait l’une des journées les plus noires de son histoire.
A l’aube, moment porteur de toutes les promesses en temps de paix, la haine et l’obscurantisme les plus abjects résonnèrent en contrebas de la Citadelle, lieu où nous nous trouvons et que nous appelons communément depuis, « le poteau des fusillés ».
En ce matin du 2 août 1943, onze résistants, membres du « Groupe Michel », trouvèrent la mort, fusillés par les Allemands entre 6 et 7 heures du matin.
Parmi eux, deux enfants de Mers-les-Bains, Ernest Lesec et Jules Mopin.
Ernest Lesec, installé à Mers-les-Bains en 1935, était un officier de la Marine marchande. Il refusa de commander un navire sous les ordres des Allemands et revint à Mers fin mars 1943 pour s’engager auprès des Francs-Tireurs et Partisans.
Jules Mopin était un ouvrier verrier. Après avoir refusé le Service du Travail Obligatoire, le STO, il rejoignit les rangs des Francs-Tireurs Partisans et participa aux sabotages des voies ferrées dans le but de faire dérailler les trains militaires de l’occupant.
Ainsi, Jules Mopin et Ernest Lesec participeront ensemble au déraillement, à Hangest-sur-Somme, le 16 avril 1943, du train Amiens-Abbeville, qui transportait des soldats allemands. Et ils furent arrêtés ensemble le 27 avril. Torturés par la Gestapo pendant des jours, ils ne révèleront aucun secret lié à la Résistance. Avant d’être exécutés le même matin du 2 août 1943.

Le 18 Juin 1940, dans son Appel célèbre, le Général De Gaulle exhortait tous ceux qui n’acceptaient pas l’oppression :« Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Cette déclaration du Général de Gaulle illustre bien ce que fut la Résistance à Mers-les-Bains, terre d’insoumission en Picardie face à l’occupant nazi.
Mers-les-Bains, située en « zone interdite », localité de 3000 habitants, à l’époque pour l’essentiel des cheminots, sera en effet reconnue comme l’un des « berceaux de la Résistance picarde ».
Monsieur le Maire, Monsieur le député, Madame la Conseillère départementale, je voudrais remercier pour leur présence les Mersoises et les Mersois venus ce matin à l’aube en délégation pour rappeler le sacrifice d’Ernest Lesec et de Jules Mopin. Je tiens également à remercier les associations d’anciens combattants, les porte- drapeaux, les membres de votre harmonie municipale ainsi que les élus municipaux qui se sont déplacés. Je tiens enfin à excuser l’absence de Madame Brigitte Fouré, Maire d’Amiens, que j’ai l’honneur de représenter ce matin.

Peu après l’Appel du Général de Gaulle, les premiers Français libres n'ont pas tardé à rejoindre Londres. Peu nombreux certes, mais les pionniers de la liberté furent au rendez-vous de l'honneur : des obstinés vaillants, des passionnés intrépides, des patriotes ardents, des réfractaires à la servitude, les radios-navigants de Saint-Jean d'Angély, les aviateurs de Saint-Jean-de-Luz, les marins de l'Ile de Sein… Au fil des années, cette légion de l'honneur, nourrie des femmes et des hommes qui rejoignirent la croix de Lorraine, a porté les armes de la France et honoré les promesses du 18 juin.

Parmi eux, n’oublions pas la flamme des Résistants mersois, n’oublions pas en ce matin Ernest Lesec et Jules Mopin, qui sont allés, en pleine conscience, jusqu’au sacrifice ultime de leur vie.
Parce que les Français libres, à Mers-les-Bains, dans tout l’Hexagone et outre-mer, n'ont jamais renoncé, nous leur rendons ce matin un hommage appuyé et nous nous inclinons devant leur héroïsme.
Oui, aujourd’hui, nous avons un devoir, un devoir de mémoire envers ces femmes et ces hommes qui ont humblement écrit l’Histoire de notre pays s’opposant à la servitude à laquelle d’autres se résignaient.
L'esprit de résistance et la foi dans l'espérance nous accompagnent toujours ; ils ont permis de relever un pays martyrisé, brisé et divisé. Cette « certaine idée de la France », chère au Général de Gaulle, est notre héritage, il nous appartient d'en être digne.

Vive la République ! Vive la France !

Brigitte FOURE
Maire d’Amiens
Vice-présidente d’Amiens Métropole
Représentation :
Matthieu BEAUVARLET
Adjoint au maire d’Amiens

Intervention de Mme Mukamusoni, présidente de l'association Centre de Mémoire et d'Histoire-Somme-Résistance et Déportation

Dans cet endroit, au moins 35 Résistants ont été fusillés par les nazis de 1940 à 1944.
Nous rendons aujourd’hui hommage à 2 Mersois tombés sous les balles de l’occupant le 02/08/1943, voilà 80 ans avec leurs 9 autres camarades. Le 3ème l’année suivante.
Parmi eux également, Maurice ROBBE, dont la famille est présente aujourd’hui.
Ce sont les 11 FTP du « groupe Michel ».
Ce matin-là, chargés dans une camionnette, assis sur des boîtes qui devaient leur servir de cercueil, ils sont arrivés ici par le passage des Martyrs.
Le plus jeune avait 17 ans.
Fusillés 2 par 2, les 1ers : Alfred DIZY dont la petite nièce est présente ici parmi nous également et Jacques WILGOS succombèrent à la barbarie à 6h07. Ernest LESEC tombe à 6h15 et Jules MOPIN à 6h34
Leur nombre étant impair, la dernière balle fut réservée au jeune Charles LEMAIRE tout seul à 6h54.
Quelle cruauté ! Dans quel état était-il après avoir vu tomber ses 10 camarades ?

La commune de Mers-les-Bains est la seule à notre connaissance, qui honore la mémoire des siens, ici même, au Poteau des Fusillés.
D’autres reçoivent cet hommage dans leurs communes d’origine comme cela a été le cas pour Alfred Dizy à Vrély et Maurice Robbe à Rosières en Santerre samedi dernier : 29 juillet.
Notre association est heureuse de se joindre à l’initiative de la commune de Mers-les-Bains dans cette commémoration.
Notre objectif demeure la construction d’un Centre de Mémoire et d’Histoire sur ce site qui a vu couler le sang de ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté face à la barbarie nazie.
Les familles de ceux qui ont été assassinés, ici même, attendent que le souvenir des leurs perdure dans tous les esprits car sans eux, le pays risquait de rester aux mains des occupants.
La transmission de Mémoire est très importante en cette période où des idées négationnistes resurgissent et rappellent ce douloureux passé.

La guerre est à nos frontières. Les douleurs sont identiques : destructions, exode de la population, des morts par milliers …
Il faut une structure qui rappelle le passé, aide le présent à construire un monde où règnent la paix, la liberté, l’égalité et la fraternité.
Formons le voeu que la municipalité d’Amiens et Amiens Métropole acceptent de porter le projet pour que Samariens, visiteurs de passage et surtout les jeunes générations de scolaires et d’universitaires puissent y trouver matière à perpétuer la mémoire et à dire à l’unisson PLUS JAMAIS CA !

Merci à tous d’être aux côtés de M. Delépine, seul maire à honorer la mémoire des héros de sa commune à cet endroit même où ils sont tombés comme en atteste la plaque apposée en 2019.
Merci à tous les Mersois qui se sont levés à l’aurore pour la circonstance.
Merci de soutenir les familles Lesec, Mopin, Robbe et Dizy présentes parmi nous.

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Publié le 14 Février 2024

 

Photographie transmise par Philippe Pauchet

Alfred DIZY est né le 10 novembre 1907 à Vrély et devient ouvrier agricole. Il se marie à Vrély et a deux enfants.

En juin 1942, titulaire de la carte de combattant volontaire de la Résistance, il rejoint les FTPF et intègre le groupe "Michel" (pseudonyme de son chef de section Jules Bridoux). Les membres du groupe sont obligés de se cacher et pour se nourrir, ils s’emparent de tickets d’alimentation dans plus de 20 mairies différentes. Il participe à plusieurs attentats dont la destruction de l’écluse de Sailly Laurette ; le déraillement d’une locomotive à Montières ; le déboulonnement des voies à Thézy-Glimont et Fontaine-sur-Somme provoquant le déraillement de deux locomotives et d’un train de marchandises ; déraillement d’un train à Aveluy et à Hangest-en-Santerre (25 soldats allemands morts et 50 blessés graves).

Alfred DIZY , recherché par la Gestapo est arrêté le 21 avril 1943 par la police française dans le quartier Saint-Roch ainsi que dix autres camarades de son groupe. Ils furent tous déférés le 22 juillet 1943 devant le tribunal militaire allemand d’Amiens. Condamnés à mort et internés à la prison d’Amiens, puis fusillés par un peloton d’exécution allemand le 2 août 1943.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune et une rue porte son nom. Une plaque est déposée au pied du monument aux morts de sa commune de résidence, Morlancourt.

Il a reçu la mention : « Mort pour la France » le 28 octobre 1957.

Voir la fiche  dans le dictionnaire biographique Le Maitron où est retranscrite sa dernière lettre rédigée avant son exécution.

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Publié le 14 Février 2024

Georges, Maurice, ROBBE est né le 6 avril 1922 à Friville-Escarbotin. Fils d’Alfred ROBBE, ancien boulanger, et d’Antonia (née CARON), ménagère, Georges ROBBE, célibataire, résidait 10 rue Parmentier à Rosières-en-Santerre (Somme).10 rue de Parmentier et travaillait comme ouvrier électricien.

En contact avec un électricien d'Amiens, il rejoint en décembre 1942 le groupe "Michel" (pseudonyme de son chef de section Jules Bridoux) membre des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) avec pour pseudonyme "André". Il participe à de nombreux sabotages de voies ferrées. C'est en revenant d'une mission le 21 avril 1943 qu'il est arrêté dans un café d'Amiens sur dénonciation.  Interné à la prison d’Amiens, Georges ROBBE fut déféré le 2 juillet 1943 devant le tribunal militaire allemand FK 580 de la ville, et condamné à mort pour actes de franc-tireur et terrorisme. Un peloton d’exécution allemand le fusilla le 2 août 1943 dans la citadelle d’Amiens, à 6 h 34. Son corps fut reconnu le 11 septembre 1944.

La mention Mort pour la France lui fut attribuée. Il a été homologué FFI et IR (interné résistant).
Il reçut à titre posthume la croix de guerre avec étoile d’argent et la carte de combattant volontaire de la Résistance.

Voir la fiche  dans le dictionnaire biographique Le Maitron où est retranscrite sa dernière lettre.


 

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Publié le 14 Février 2024

            Jeanne Vignon, le 14 juillet 1944,  en compagnie de ses petits-enfants et  des 12 aviateurs alliés cachés chez elle.   (photographie  reproduite sur le site dédié au 416th Bombardment Group (L)  avec l'identification des pilotes grâce à Dany Dheilly)

Qui pourrait croire que madame VIGNON, née TELLIER,  habitant au 157 de la rue Vulfran Warmé à Amiens, devenue veuve depuis le 15 janvier 1941 est  engagée activement dans la Résistance, elle qui n'a jamais été inquiétée pendant toute l'occupation ? Cette femme, née le 5 septembre 1883 à Amiens, a aidé avec son mari les évadés français et alliés dès 1940. Elle rejoint le groupe constitué par Jeanne FOURMENTRAUX  qui s'est rattaché au Bataillon de la mort dont les dirigeants sont parisiens et par la suite le groupe Résistance en Picardie.

Surtout, à partir de 1943,  tout en assurant jusqu’à la Libération la cache et l’évasion de nombreux résistants, Jeanne VIGNON devient l'une de ces "helpers" qui, au péril de leur vie,  cachent  et prennent en charge les aviateurs alliés tombés dans la campagne environnante et récupérés par différents réseaux d'évasion. Nombreux sont ceux qui ont témoigné de l'hospitalité de Jeanne VIGNON-TELLIER à l'exemple du sergent Harold E BOYER (debout, le premier à gauche sur la photo). Son avion est abattu le 27  mai 1944 au-dessus d'Amiens, lui-même s'est fracturé la cheville gauche à l’atterrissage. Il est hébergé jusqu'à la libération de la ville  le 31 août 1944, comme le capitaine James E. Zengerle, abattu deux jours plus tôt au-dessus d'Hornoy (debout, l'avant-dernier à droite sur la photo). Les aviateurs qui repartent vers l'Espagne sont munis de ravitaillement et d’argent. Jeanne VIGNON-TELLIER faisait passer des messages radio à Londres pour rassurer les familles.

En 1954 madame Vignon est promue chevalier de la Légion d'Honneur  et reçoit également

extrait du dossier d'attribution de la légion d'honneur à Jeanne VIGNON, A.N. 19800035/849/97249_bis

La King's Medal for Courage in the Cause of Freedom,  une médaille britannique destinée à honorer les membres de filières d'évasion. Elle décède le 6 janvier 1963.

Madame VIGNON n'est pas la seule personne à avoir hébergé des aviateurs. Sur Amiens, on recense plus de 50 personnes, dont Michel DUBOIS et sa femme du Mouvement  Charles de Gaulle.

 

Pour aller plus loin :

Jacques Lejosne, Les martyrs de la Résistance dans l’Amiénois – l’impossible oubli du XXème siècle – 2001

http://aide-aviateurs-allies-ww2.fr/Accueil

https://www.416th.com/POW_EE/669-BoyerHarold_POW_EE.html

https://www.conscript-heroes.com/escapelines/EEIE-Articles/Art-12-Balfe.htm

https://wwii-netherlands-escape-lines.com/helpers-of-allied-airmen/french-helper-list/

https://evasioncomete.be/fgoldstgg.html

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Publié le 14 Février 2024

Louis André Delapierre est né le 29 octobre 1926 à Muraumont (Oise), fils de André Louis Philippe DELAPIERRE et de Francine Rose HOULET. Il habite avec son père rue du château à Pont de Metz, sa mère étant décédée.

Dans la soirée du 29 août 1941, il revient chez lui accompagné de son père.
En arrivant au pont du chemin de fer, entre la rue du pont et la rue de l’eau, ils font face à une patrouille allemande qui les contrôle pour non-respect du couvre-feu. Le fils, pris de panique, fuit en direction de la rue du pont, il tombe sous les balles allemandes devant les premières maisons de la rue.

Transporté à l’hôpital, place Victor Pauchet, il y décède à 2h30 du matin le 30 août 1941.

IL N’AVAIT QUE 14 ANS.

Gérard Cozette

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Publié dans #In memoriam

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Publié le 14 Février 2024

Photographie de Madeleine Riffaud prise par un soldat américain
le 27 août 1944

On l’appelait « RAINER », en réalité Madeleine RIFFAUD, collégienne de 16 ans en 1940 ; ses parents étaient instituteurs à Folies, dans la Somme puis à Amiens ; Madeleine, poète précoce, un calvaire au bord de la route déclenche chez elle une vocation, « Le Christ est le symbole d’une liberté crucifiée ».

Après l’exode Madeleine rejoint l’école supérieure d’Amiens, par la suite, le mouvement de résistance communiste du Front National et devient « Rainer » pseudo inspiré du poète Rainer Maria RILKE. . Elle rallie son groupe F.T.P.F. où, à Paris le « lieutenant RAINER » se rend célèbre en juillet 1944 sur le pont Solférino où elle abat, sur ordre de la Résistance, un officier allemand. Par malheur, elle est capturée par un milicien et emmenée à la Gestapo.

Elle écrit : « ça y est, je suis arrêtée, on me fait monter des marches. Il me semble qu’il y a très longtemps que je monte ainsi. Chaque marche franchie m’avance plus avant dans le monde ennemi où tout sera piège, douleurs, horreurs. Un S.S. me pousse dans le dos à coups de crosse. Je ne sais à quel étage se trouve la petite salle où l’on m’interroge ce dimanche 23 juillet. Ce que j’ai vu tout de suite, c’est une fenêtre grande ouverte sur les arbres verts et puis un portrait d’Hitler sur le mur et un gros « Mauser » en presse-papier. Il y a dans cette salle quelques Allemands vert de gris et acier. L’un m’attache à une chaise, un autre me prévient aimablement : « Je vous conseille de parler de vous-même, sinon nous serons obligés d’employer d’autres moyens. Je suis professeur en Allemagne, vous êtes étudiante. C’est un conseil d’ami que je vous donne. » … Je ne sais rien. Lorsque je suis sortie du bureau, ce jour-là, j’avais le front en sang, la lèvre supérieure fendue, ma figure était marbrée d’ecchymoses, mon genou saignait, j’avais sur les jambes de gros dépôts de sang, conséquences des coups de nerf de bœuf.

C’est dans cet état, que les Allemands me remettent aux brigades spéciales. Celles-ci me rendent à la Gestapo après une semaine d’interrogatoires infructueux, si faible que je peux à peine marcher… Ici, rue des Saussaies, un gros S.S. fait entrer un jeune garçon en culotte courte : « Voici un terroriste comme vous mais il est jeune. Nous ne lui ferons pas de mal… si vous parlez. Sinon nous le battrons et ce sera votre faute. » Je ne sais rien, je vous assure. Ne le battez pas, il n’a rien fait… Il frappe l’enfant de toutes ses forces … Je deviens folle, l’enfant hurle… Il tombe, on le relève à coups de pied, il pleure… Je suis sur le point de donner un faux rendez-vous, une fausse adresse, mais l’enfant me fait signe de ne rien dire, je ne l’ai jamais revu… Puis on m’a déshabillée, on m’a plongée dans la fameuse baignoire d’eau glacée… Voiture cellulaire. Huit jours de cachot, les mains enchaînées derrière le dos. Six jours sans nourriture. Condamnée à mort, j’ai été délivrée le 17 août par le Consul de Suède la veille de mon exécution. »

En effet, lors de l'insurrection de Paris, la médiation du consul NORDLING, permet l'élargissement de nombreux prisonniers, dont Madeleine. Aussitôt, retapée, promue au grade d’aspirant, elle reprend le combat. Un train militaire allemand devait ravitailler la caserne « Prinz Eugen », place de la République, en passant par les voies de la petite ceinture. Madeleine est volontaire pour l’arrêter. Avec 3 copains de la compagnie « Saint Just », et quelques explosifs, elle piège le convoi à la sortie d'un tunnel. Son escouade fait tant de volume que les Allemands croient avoir affaire à un… bataillon et se rendent. Leur armement et leur matériel passent illico à la Résistance. Elle eut 20 ans sur les barricades de la Libération. Femme et mineure, elle ne put s'engager dans l'armée régulière. Elle s’en consola en devenant une grande journaliste.

Madeleine Riffaud, née à Arvillers, est entrée dans la Résistance, très tôt. "J'avais, dit-elle, dix-huit ans en 1942. J'appartiens à une ethnie minoritaire, celle des garçons et des filles qui avaient juste vingt ans le jour de la libération de Paris... Nous étions volontaires, nous savions ce que nous risquions, nous n'attendions aucune récompense ; nous n'avions que notre colère, notre pureté, notre amour..." En 1942, Madame Riffaud (mère) était institutrice à Folies dans le canton de Rosières (135 habitants). Le père de Madeleine Riffaud est au P.C.F. et membre de la cellule H. GABET au Faubour**g de Hem jusqu’à sa mort en 1984 ; lui aussi était instituteur.

À Amiens, des femmes comme : Madeleine MICHELIS - Renée COSSIN - Marcelle SOBO - Odette AZERONDE – Georgette BACON – Mireille BONPAS – Henriette DUMUIN – Geneviève FERTEL – Jeanne FOURMENTRAUX – Julia LAMPS – Lucienne MAGGINI – Suzanne MAIGRET – Marie MARTIGUE – Antoinette ROBINE – Andrée VANMARCKE – Paulette VERDURE – Madame VIGNON – Micheline VOITURIER et tant d’autres, vont par leur dévouement, contribuer, parfois mourir, pour une juste cause. Souvent sans visage, à l’identité floue, ces quelques noms sortent de l’ombre.

Une certaine Mademoiselle GERARD ou GIRARD au n°23 de la rue de Vignacourt (en 1942) quitte Amiens où elle n’est plus en sécurité dans la Résistance. Venue s’installer à WELLES-PERENNES dans l’Oise, elle est arrêtée par la Gestapo en revenant de Paris. Elle est fusillée (lieu inconnu). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune de WELLES-PERENNES. 

Jacques Lejosne 

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Un complément apporté par Véronique Bruyer  bénévole Blouse Rose :

En recherchant des informations sur la biographie d’une autre femme engagée, Marguerite Perrin — fondatrice en 1944 de l’association Les Blouses Roses — dont son action était d'être au plus près de jeunes patients isolés au sanatorium de Saint-Hilaire-du-Touvet, en Isère, pour leur proposer des activités de loisirs afin de rompre leur solitude et de leur redonner goût à la vie.

Ces recherches m’ont également permis de retrouver, parmi les jeunes patients atteints de tuberculose, le nom de Madeleine Riffaud, qui y fut soignée en 1941 et s’y reposa jusqu’à sa guérison. C'est certainement probable que durant ces années, Madeleine développera son goût pour l’écriture et la poésie, et qui joueront ensuite un rôle important dans sa vie !

Madeleine RIFFAUD commence à s’intéresser à la résistance en 1941, alors qu’elle séjourne au sanatorium des étudiants à Saint-Hilaire-du-Touvet dans l’Isère pour soigner une infection tuberculeuse, et qui abrite une imprimerie clandestine. Le directeur de l’hôpital rédige de faux certificats médicaux afin d’abriter des Juifs. Poète, elle s’intéresse au surréalisme et se passionne pour Rainer Maria Rilke et son recueil Les Elégies de Duino, qui marque selon elle une première étape dans son engagement. Elle découvre les actions de résistance menées au sanatorium après avoir sympathisé avec l’écrivain Claude Roy, venu y donner une conférence. Elle se lie d’amitié avec Marcel Gagliardi, alors étudiant en médecine, et lui demande de la faire entrer dans la résistance. Il est convenu qu’elle intégrera à Paris à la rentrée 1942 une formation de sage-femme. A la faculté, elle doit transmettre une clé à un cheminot pour faire dérailler des trains. Elle est acceptée au sein du mouvement de résistance le Front National (mouvement communiste) après plusieurs missions. Elle sauve la vie de son camarade Jean Roujeau qui allait être abattu par un soldat allemand alors qu’il distribuait des tracts face à la librairie Gibert du Quartier Latin en se jetant sur lui sans armes.

Informations recueillies sur le site : Mémoires des Résistances et des Déportations

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Pour découvrir la vie de Madeleine Riffaud, en bande dessinée

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Publié le 12 Février 2024

Photo Collection Bernard SCHWAL, son fils

René SCHWAL est né le 17 octobre 1921 à Amiens, où il exerce la profession d’électricien auto. Alors que le nord de la France est occupé, il s'engage le 10 octobre 1940 dans l'armée de l'air à Istres, avec pour but : tenter de rejoindre l'Angleterre par avion. IL sera malheureusement arrêté et passera en conseil de guerre le 26 novembre 1942. Il sauva sa tête et fut démobilisé le lendemain. Le 2 février 1943 il est désigné pour partir au STO en Allemagne à Stuttgart.Il s'y oppose et se cache. Il est alors recherché par les gendarmeries d'Amiens et de Flixecourt.

René SCHWAL de l'ORA matricule 2002, tenait liaison avec la résistance locale depuis le 1er avril 1943. Il habitait alors à Bourdon chez sa grand-mère ; c'est ainsi qu'il a pu se sauver rapidement lors du déraillement d'Hangest. Il participe à l’attentat commis sur la voie ferrée Amiens Boulogne : Dans la nuit du 16 au 17 avril 1943 à 2h40, Un train de troupe a déraillé sur la ligne Amiens Boulogne au km 150,300, territoire de Crouy. Ce déraillement est survenu à la suite d'un attentat commis par 9 individus masqués et armés. L'éclisse du rail gauche de la voie de droite a été déboulonné et les tirefonds enlevés sur plusieurs traverses.13 wagons sont broyés ou endommagés. La machine de 150 tonnes est sortie des rails et s'est couchée sur la voie. Le chauffeur THAON Gustave, est décédé. Le mécanicien, BIOUT Paul, est blessé aux jambes. 25 militaires environ sont décédés et une cinquantaine sont blessés. Les autorités allemandes se sont rendues sur les lieux ainsi que la sûreté et la police mobile, qui avaient été avisés par la gendarmerie.

L'attentat s'est effectué comme suit : entre 23 h et 2h30, tous les gardes voies requis et non requis ont été ligotés, bâillonnés et attachés aux arbres par 9 individus. Ceux-ci sont venus sur les lieux avec des bicyclettes. Ces individus ont d'abord ligoté les gardes voies assurant le service de 22h à l h. Puis les hommes venant relever leurs camarades à une heure ont subi le même sort. D'après l'enquête, les auteurs de cet attentat étaient 9 ; tous masqués, armés de pistolets et revolvers. Ils avaient entre 20 et 30 ans, parlant correctement le français sans accent. Ils portaient des effets civils de toutes nuances, la plupart coiffés de bérets basques. L'identification et les recherches effectuées n'ont donné aucun résultat. Il apparaît toutefois que certains de cette bande sont de la région, puisque plusieurs étaient à bicyclette. La circulation a été interrompue dans les deux sens. 15 gardes voies ont été ligotés, bâillonnés et parmi eux : L'abbé BERTRANDIE Etienne, demeurant à Hangest-sur-Somme, M. VION André, maire de Crouy, et M. VAST

Six des auteurs de cet attentat seront arrêtés par la police française et fusillés le 2 août 1943, après une parodie de procès dans les fossés de la citadelle d'Amiens. Jacques WILGOS ; Jules MOPIN ; Georges DEBAILLY ; Maurice SEIGNEURGENS ; Ernest LESEC ; Alfred DIZY.

Il leur est reproché : 14 février 1943 : déraillement à Montières 18 février 1943 : déraillement à Thézy Glimont 28 février 1943 : déraillement à Remiencourt 2 mars 1943 : déraillement à Saleux 4 mars 1943 : déraillement à Dernancourt - attentat : 6 mars à Aveluy Attentat : 12 mars à Famechon Attentat : 19 et 20 mars à Fontaine-sur-Somme 6 avril : écluse à Sailly Laurette 16 avril 1943 : déraillement à Hangest-sur-Somme (25 morts et 50 blessés) attentat le 20 avril 1943 à Eu (cinéma) et à Dieppe (tunnel) Ils ont été arrêtés par la police française du 21 au 23 avril 1943. Maître VAN DEN HERREWEGHE défend Alfred DIZY et Maître MAHIU les autres. Un fonctionnaire de l'armée d'occupation assure les fonctions d'interprète. Ils sont fusillés le 2 août 1943 dans les fossés de la citadelle d'Amiens.

René SCHWAL participe, à Pont Rémy, avec le même groupe, le 2 mai 1943 au déboulonnage d'un rail de 20 mètres. Deux machines haut le pied déraillèrent. Il est nommé le 1er juin 1943 aux fonctions de tous sabotages et renseignements avec le grade de sergent par le capitaine VERSELIPPE, Le 27 juin 1944, sur les conseils de Charles VERSELIPPE, il entre à la police des chemins de fer,  bien que réfractaire au STO, en utilisant les papiers de son frère cadet. De ce fait il peut rendre de grands services à la cause de la résistance en donnant des renseignements sur les mouvements de troupes et en participant à des sabotages de lignes de chemin de fer

Ainsi, le 27 juillet 1944, à Vers sur Selle, étant en service sur la ligne Amiens-Beauvais, avec son camarade BUQUÉ, il a vu mais n'a pas signalé un rail de 20 m déboulonné. Résultat: 2 machines par terre (une du dépôt du Bourget et une allemande). Ces dernières obstruaient la voie et ne furent relevées que par les Anglais. Dès le 15 août 1944, il enlevait les poteaux indicateurs de la route de Rouen entre Amiens et Saleux.

Lors des combats pour la libération d'Amiens, le 31 août 1944, il capture un canon anti char à Saint-Roch. Les 1er, 2 et 3 septembre, il vient se joindre au groupe de La Chaussée-Tirancourt de Charles Verselippe et Michel Guéret pour libérer la tête de pont de La Chaussée-Tirancourt et faire le ménage d'Yzeux, de Belloy et des bois jusque Vignacourt.

Rappelé comme caporal-chef au bataillon de l'air d'Amiens, le 7 octobre 1944 ; il rejoint le deuxième régiment de chasseurs parachutistes en Angleterre, puis comme sergent-chef le 2 février 1945. Parachuté en Hollande le 8 avril 1945, il est cité à l'ordre du régiment. Il sera démobilisé le 5 octobre 1945.

Quelque temps après il épousera Solange avec qui il aura un garçon, Bernard qui habite La Chaussée-Tirancourt. Il est titulaire de la croix de guerre 39/45 ; il a deux citations, une à l'ordre de la division et l'autre du régiment.

Citation à l'ordre de la division : SCHWAL René : soldat de la résistance, intrépide aux activités multiples, animé du plus ardent patriotisme, a participé au déraillement d'un train allemand, provoquant 25 morts à l'ennemi et l'obstruction de ses lignes de ravitaillement le 17 avril 1943. Engagé dans la police des chemins de fer, afin de fournir régulièrement à son chef des renseignements sur les mouvements de troupes permettant au groupe cheminot d'immobiliser avant le départ les machines commandées de service (142 machines sabotées), a continué son activité sans faillir malgré l'arrestation et la mort de son chef. A assuré la réussite de deux autres déraillements les 17 juillet et 17 août 1944 qui obstruèrent définitivement les voies jusqu'à la libération. Du 1er au 3 septembre 1944, il a participé aux opérations de la tête de pont de La Chaussée-Tirancourt, le général de division PREAUD commandant la 2e"'e région militaire.

Citation à l'ordre du régiment : Parachuté en Hollande dans la nuit du 8 avril 1945, le sergent parachutiste SCHWAL René s'est montré d'un courage exemplaire. Encerclé de toute part par l'ennemi, a combattu jusqu'à la dernière balle avant de réussir à rejoindre les lignes amies ; seul il a abattu plus de 20 soldats ennemis. La présente citation lui donne droit au port de la croix de guerre avec étoile de bronze

Signé PUECH Sanson, commandant du 2ème RCP. René SCHWAL est décédé le 7 août 1983 à Amiens.

Il a un fils Bernard qui n’était pas au courant de ses actions. Bernard est l’époux de Sylviane, la secrétaire des racines calcéennes

Voir le dossier de René SCHWAL, élaboré par Jacques FOURE et André SEHET, à partir des
Archives Militaires de Vincennes.

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Publié le 12 Février 2024

Picard de souche et de cœur, Léon GONTIER naît à Amiens le 19 janvier 1886. Bien qu’issu d’un milieu conservateur et catholique, il adhère très vite aux idées socialistes. Il rejoint la SFIO de Jaurès quelques années après la création de ce parti. Fonctionnaire, il fait l’essentiel de sa carrière à la préfecture de la Somme où il devient successivement rédacteur puis chef de bureau. Cette activité l’amène à croiser le parcours d’un jeune fonctionnaire nommé Jean Moulin. Interlocuteur connu et reconnu de ses pairs, c’est tout naturellement qu’il agrège une activité syndicale à son parcours politique. Comptant parmi les principaux leaders socialistes du département, Léon GONTIER est également secrétaire de la section CGT des employés préfectoraux et président de la section départementale de la Ligue des Droits de l’Homme.

Au printemps 1940, Léon GONTIER se réfugie en Normandie mais il revient très vite à Amiens où il s’illustre dans des faits de résistance. La loge Picardie mise en sommeil, il s’emploie, avec quelques compagnons de lutte, à faire vivre une Fédération socialiste départementale clandestine puis il rejoint le mouvement « Libération Nord ». Il s’illustre également au sein du réseau Brutus en charge du renseignement, de la fabrication de faux papiers et de journaux clandestins. On lui prête un nombre important d’actions contre l’occupant nazi. 

Le 13 janvier 1944, il est appréhendé par la Gestapo en gare du Nord à Paris, aux côtés de Jean BIONDI, député-maire de Creil, interrogé, torturé, il est emprisonné à la maison d’arrêt d’Amiens. Lorsque survient l’Opération Jéricho et le bombardement de celle-ci par les Anglais, le 18 février 1944, il vient en aide aux détenus blessés et s’emploie à permettre aux résistants incarcérés de fuir. Désintéressé, sacrifiant sa liberté au bénéfice de celle de ses compagnons d’infortune, il est transféré au camp de Royallieu-Compiègne avant d’être déporté le 28 juillet 1944 au camp de concentration allemand de Neuengamme où il meurt d’épuisement le 31 décembre 1944.

Croix de guerre 1939-1945, chevalier de la Légion d’honneur, Léon GONTIER n’a cessé, sa vie durant, de mettre ses actes en conformité avec son idéal, ses principes et ses valeurs humanistes.

Son nom a été donné à la place qui borde aujourd'hui la Maison de la Culture d'Amiens

Franck IRJUD

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