L’association « Centre de Mémoire et d’Histoire-Somme-Résistance et Déportation » s’est fixée un double objectif :
– honorer la mémoire des hommes et des femmes qui, dans le département de la Somme, se sont engagés dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, au prix, parfois de leurs vies.
– faire connaître les formes d’actions nées du refus de la défaite française de 1940 et de l’occupation nazie.
Fort de ces deux objectifs, l’association a la volonté de créer un bâtiment pouvant accueillir le public au lieu-dit «le poteau des fusillés» qui se situe au pied de la citadelle d’Amiens.
Un logo chargé de sens
Le Drapeau « bleu, blanc, rouge » symbolise la reconnaissance de la Nation et l’importance du devoir de mémoire.
Le poteau nous rappelle un des deux poteaux devant lesquels ont été fusillés 35 Résistants à la Citadelle d’Amiens.
Le « R » en barbelé, R comme Résistance et les barbelés qui entouraient les camps de concentration et d’extermination.
Sur la droite : la liste des charniers et lieux de fusillés dans la Somme.
Le contour du département de la Somme parce que notre Association se veut départementale.
Cette année, nous avons travaillé sur la résistance en commençant par aller aux archives départementales : là-bas, nous avons dû répondre à des questions en étudiant des documents sur des résistants et des résistantes.
Puis, au milieu de l’année, des dames sont venuesdans nos classes et nous ont prêté des affiches qui formaient une exposition. Ces dames font parties de l’association Centre de Mémoire et d’Histoire Somme Résistance et Déportation , cette association a mis en place beaucoup de choses dont le parcours « Pour ne pas oublier », dont on reparlera un peu plus tard.
Le 15 Juin nous avons visité la citadelle et le poteau des fusillés et l’après-midi nous avons arpenté la ville pour découvrir les bornes du parcours pour ne pas oublier ce qui explique des événements importants pour la libération d’Amiens.
Nous avons fait tout ça pour nous souvenir et ne pas oublier celles et ceux qui sont morts, celles et ceux qui sont allés en camps de concentration ou tout simplement qui se sont battu(e.s) pour que l’on puisse vivre en paix.
C’est par ces mots rédigés et lus par Adèle que les classes de CM1 et de CM2 de l’école Jules Barni à Amiens ont introduit le travail sur la Résistance amiénoise présenté à leurs parents à la fin de cette année scolaire 2025-2026.
Découvrir les Archives départementales de la Somme
Accueillis par le service éducatif, les élèves ont dans un premier temps visité les sous-sols consacrés au stockage et découvert les missions des Archives. Après avoir appréhendé quelle était la situation d’Amiens en 1940, ils ont travaillé sur des figures de la Résistance en réalisant des fiches biographiques.
Extrait de la fiche à compléter sur l'institutrice Gabrielle Rabouille
Exploiter l’exposition « Hommes et Femmes dans la Résistance »
Le travail s’est poursuivi en classe en utilisant l’exposition « Hommes et Femmes dans la Résistance » réalisée par l’association «Centre de mémoire et d’Histoire Somme-Résistance et Déportation » à l’occasion des 80 ans la libération d’Amiens.
L'un des cinq panneaux consacrés aux femmes engagées dans la Résistance
Extraits du questionnaire sur l’exposition
Des civils apprennent à faire la guerre
1. Qu’entend-on par « contrer la propagande officielle » ?
2. Comment était-il possible de sauver les prisonniers et les Alliés ?
3. En quoi consistait la mission de renseigner les Alliés ?
4. Pourquoi Émile Mason et Lucien Brusque ont-ils été fusillés ?
5. Que s’est-il passé dans la nuit du 24 décembre 1942 ? Où ?
Qu’est devenu ce lieu pendant l’occupation ? Nomme les Résistant.es qui ont participé à cet attentat.
6. Pourquoi l’armée allemande a fait sauter la majorité des ponts à Amiens ?
Lesquels n’ont pas été détruits ? Comment ont-ils été préservés ?
7. Qu’est-ce que le « plan violet » ? A quel moment a-t-il eu lieu ?
Pourquoi 2 hommes sont fusillés le mois suivant ?
8. Qui a permis de sauver les ponts de Montières ?
Des Résistantes héroïnes d’Amiens
Des missions spécifiques aux femmes.
Trouve les 11 missions spécifiques aux femmes qui ont résisté à Amiens, nomme à chaque fois une personne et ce qu’elle a fait en particulier.
Les femmes résistantes ont-elles été considérées comme les hommes ? Pourquoi ?
Ce travail a été complété par la rencontre avec trois membres de l’association venues expliquer les raisons de leur engagement, présenter d’autres figures féminines de la Résistance et surtout répondre aux questions des élèves.
Pour comprendre cette période, les élèves disposaient des informations complémentaires contenus dans le numéro spécial du JDA publié pour les 80 ans de la libération d’Amiens.
Extrait du JDA hors-série_Août 2024
Visiter le poteau des fusillés et découvrir le parcours de mémoire
Enfin une sortie a été organisée pour découvrir le poteau des fusillés le matin et le parcours de mémoire l’après-midi. Rappelons-le, le parcours de mémoire est constitué pour l’instant de six bornes installées dans le cadre du budget participatif 2022 à l’initiative de l’association « Centre de Mémoire et d’Histoire-Somme-Résistance et Déportation ».
"Totem" installé au croisement de la rue Ernest Cauvin et de la rue des Trois-Cailloux consacré à l'attentat du Royal
Rendre compte devant les parents
La restitution prend la forme d’une prise de parole de chaque élève des deux classes, une fois l’introduction lue par Adèle. Des courtes biographies de Résistantes et de résistants sont lues, les étapes de la visite de la citadelle et du parcours de mémoire sont évoquées.
A tour de rôle les élèves prennent la parole
L’intervention des élèves se termine par la lecture d’un poème de Madeleine Riffaud « La liberté c'est ce cours d'eau... » dédié à Paul Eluard.
La liberté c’est ce cours d’eau
Qui vient passer sur ta maison.
Tous les gens de la rue y puisent à pleins seaux
Les filles fatiguées y viennent se baigner
Le soir, quand la sirène ouvre les ateliers.
Et l’on y lave, aussi, les vestes de travail.
Je te regarde face à face
Et je vois l’eau du fleuve
Aux hublots de tes yeux.
Tu t’en vas sur le fleuve,
Avec le fleuve, vers la mer.
Je viens, nous venons tous, nous nageons près de toi,
Écume du sillage ou feuilles emportées,
Frôlés de poissons d’or, survolés d’éperviers.
C’est un fleuve sans rive et notre foule s’y perdra,
Se fondra, fraternelle, à celle de partout.
Demain, ceux qui vivront trouveront naturel
D’être au large, au soleil, sur la mer Liberté.
L'assemblée générale 2025 s'est tenue le dimanche12 avril 2026en présence de nombreux élus. Remercions tout d'abord monsieur Loïc Bulant, maire de Pont-de-Metz qui nous a accueilli comme chaque année dans la salle des fêtes. Saluons la venue de Margaux Delétré et Olivier Jardé, représentant le conseil départemental de la Somme. Ceux-ci ont rappelé leur soutien qu'ils apportaient aux actions de l'association, Margaux Delétré soulignant la qualité de l'ouvrage de Myriam Cappe Destins de femmes en Sommeet Olivier Jardé évoquant la qualité des relations qu'il avait pu tisser en tant qu'adjoint au maire d'Amiens. Jean-Jacques Stoter, conseiller départemental, également présent comme chaque année, a rappelé le voeu unanime en 2022 de l’assemblée départementale pour la création d'un centre de mémoire et d'histoire à la citadelle. Christian Manable, ancien sénateur de la Somme et membre du conseil scientifique de notre association a salué l’opiniâtreté de notre présidente Anatolie Mukamusoni dans ce combat et a souligné l’intérêt que Frédéric Fauvet, nouveau maire d'Amiens porte à la création d'un centre de mémoire. D'ailleurs trois élus de la nouvelle majorité municipale d'Amiens ont suivi l'assemblée générale, Gauthier de Clerck, Gautier Gente et Nicolas Cardot, ce dernier,chargé de la politique de la mémoire auprès de Catherine Vanacker adjointe au maire a souligné l'intérêt d'un tel projet et la nécessité d'avancer rapidement sur ce dossier. Frédéric Bureau, directeur de l'Office Départemental des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de la Somme (ONaCVG) a, de son côté, rappelé le soutien de l'Etat par deux fois exprimé à condition qu'une collectivité territoriale porte le projet. Michel Delepine, ancien maire de Mers-les-Bains était également présent. Qu'il soit remercié ici pour son soutien constant
A la suite de la présentation des actions réalisées en 2025 , le rapport d'activités a été approuvé à l'unanimité. La présidente Madame Anatolie Mukamusoni a ensuite évoqué les perspectives 2026. Annick Saguez, trésorière de l'association a ensuite présenté les comptes révélant une bonne gestion financière, ce qui a entrainé un vote à l'unanimité durapport financier
Il s'en est suivi la cérémonie des dépôts de gerbes au cimetière de Pont-de-Metz. Les participants ont ensuite été invités au pot de l'amitié offert par la mairie de Pont-de-Metz, suivi d'un déjeuner réunissant plus d'une les membres de l'association.
Retrouvez ci-dessous le diaporama présentant le rapport d'activités et les perspectives 2026 .
Jean-Paul Baronnet et Michel Hubaut de l'association Le Forestel, à Liomer (Somme), ont publié en 2021Liomer 1939-1945, un village à l’heure allemande , Les recherches qu'ils ont menées leur ont permis de découvrir l'existence de nombreux résistants tombés dans l'oubli.
En 2024, le second tome redonne vie à trois résistants nés à Liomer : Jeanne Godart, institutrice à Lille, engagée avec sa sœur dans le réseau Voix du Nord et morte en déportation, Pierre Segond charcutier à Biache-Saint-Vaast, engagé au sein du mouvement Libération-Nord et déporté à Mauthausen, Charles Lecossois, charcutier à Beaucamps-le-Vieux, sous-officier prisonnier de guerre refusant de travailler dans un kommando ce qui lui vaut d’être déporté.
En 2025, sort le troisième et dernier tome sur René Senet qui avait fédéré autour de lui une trentaine de personnes de Liomer et des villages voisins. Ce groupe était affilié aux FTPF, les Francs-Tireurs et Partisans Français, proches du Parti Communiste.
Jean-Paul Baronnet et Michel Hubaut ont pu s'appuyer sur des documents inédits confiés par le petit-fils de René Senet qu'ils ont complétés par leurs recherches aux Archives municipales de Liomer, aux Archives départementales de la Somme et par la consultation des dossiers des résistants conservés au Service Historique des armées.
Pour se procurer ces ouvrages : Le Forestel, place de la Libération 80430 Liomer
A l'occasion d'une séance de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Amiens, a eu une communication assurée par François Sirel sur la citadelle d'Amiens entre 1940 et 1944.
Dans les mémoires amiénoises, le site est d’abord associé au "poteau des fusillés ", ce lieu des exécutions des résistants dans l'ancien stand de tir et ensuite au lieu de détention et de torture des résistants après le raid aérien mené sur la prison d’Amiens le 18 février 1944.
Mais curieusement le fait que la citadelle ait été durant l’Occupation un frontstalag, c’est à dire un camp de prisonniers maintenus en France sous surveillance allemande, a été oublié.
Les Frontstalags répartis dans la zone occupée étaient destinés aux soldats prisonniers issus des colonies françaises même si le site d’Amiens joua un rôle mixte. Ainsi des soldats "indigènes" et "sénégalais "selon la dénomination de l’époque furent enfermés à la citadelle et employés à l’extérieur.
Frontstalag 204, Amiens, camp de Montdidier (4 juin 41) : le Docteur de Morsier et M. le Generalführer Busse, chef de la Croix‑Rouge allemande en France occupée. Revue Internationale de la Croix-Rouge, octobre 1941
Quelles traces a-t-on gardées de ce camp ? Quelles sont les sources qui témoignent de cette réalité ? Peut-on, en d’autres termes, faire l’histoire du fronstalag d’Amiens ?
Vous trouverez ci-dessous en téléchargement le diaporama qui a servi de support à cette conférence.
« Les étrangers dans la Résistance », tel est le thème du concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation pour l’année scolaire 2026-2027, annoncé conjointement par le ministre de l’Éducation nationale et la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.
Le concours national de la Résistance et de la Déportation (CNRD) réunit chaque année près de 40 000 collégiens et lycéens qui produisent des travaux de réflexion, des exposés ou des créations artistiques autour d’un thème spécifique. Les projets sont évalués par un jury et des prix sont décernés aux meilleurs travaux à l'échelle académique puis nationale.
Le thème fera l’objet d’une lettre de cadrage, support d'une brochure diffusée au début de l’année scolaire 2026-2027.
Il est possible pour l'instant de se reporter aux ressources recensées par la Fondation de la Résistance, notamment la Lettre de la Fondation de la Résistancen° 108.
Nous reprenons ici l'article rédigé par Claude Leleu, l'un des membres fondateurs de l'association qui vient de nous quitter le 1er novembre 2025 à l’âge de 83 ans. Claude Leleu a très longtemps travaillé à l’histoire des fusillés de la citadelle d’Amiens pendant l’occupation, mais aussi sur les liens entre l’Oise et la Somme à cette époque. Nombre de ses recherches ont été faites avec Jacques Lejosne, fondateur également de l'association décédé en 2019.
Né en 1922 à Abbeville, Marcel Colignon est décédé le 7 mars 2014. Dès l’automne 1940, il refuse la défaite et l’armistice en aidant des soldats anglais puis en participant aux premiers tracts d’Abbeville le 30 décembre 1940. En 1941, étudiant, il participe à l’action résistante de passeur de l’abbé Carpentier à Abbeville par des faux papiers pour le passage de la ligne de la zone interdite sur la Somme avec une tentative ratée de gagner l’Angleterre à Pâques 1941.
En novembre 1942 il intègre le réseau « Béarn ». Il participe également à des actions du réseau « Sylvestre-Farmer » du SOE en 1943. Dénoncé par un membre de ce réseau il est arrêté avec ses camarades le 22 aout 1943. Libéré le 30 mars 1944, il entre en contact avec « Libé-Nord » à Abbeville puis intensifie ses actions de renseignements sur Abbeville et la cote picarde au réseau « Béarn ». De nouveau arrêté le 20 juillet 1944 à Fontaine-sur-Somme au retour d’une liaison avec le PC du réseau à Roye, il est interné à la prison d’Abbeville, à la citadelle d’Amiens, à Compiègne Royallieu, puis est déporté le 17 août à Buchenwald par le « Dernier Train ». Le 22 il y est immatriculé 78916. Le 14 septembre il est transféré au kommando « Reh » de Neu-Stassfurt. Paralysé, suite à « l’attention particulière » d’un SS, Marcel revient à Buchenwald le 5 novembre 1944 puis, guéri, est affecté au kommando Kalbe de Springen le 20 janvier 1945. Il restera au fond de cette mine jusqu’au 30 mars, date à laquelle il est évacué par une Marche de la Mort vers Buchenwald où il arrive le 6 avril. Il est libéré le 11.
Marcel s’investira, dès son retour, dans le travail de Mémoire, dans différentes associations. Il était un des piliers de l’Amicale de Neu-Stassfurt, participant à des pèlerinages en Allemagne sur les traces de son kommando et porte-drapeau de 1964 à 2002. Toujours disponible, il témoignera de la Résistance et de la Déportation lors des commémorations et dans les écoles pour le CNRD (ou chez lui lorsque des problèmes de santé l’empêchaient de se déplacer), en dernier lieu en janvier 2014 à Chaulnes. Devant les problèmes de santé il fit preuve d’un grand courage. Ce battant, par son charisme, sa clairvoyance et son esprit d’analyse restera dans les mémoires comme un Grand Témoin. Lors de ses obsèques une foule nombreuse et 29 porte-drapeaux lui rendirent l’Hommage qu’il méritait. Il était Officier de la Légion d’Honneur.
Pour la quatrième fois, dans le cadre un projet déposé par un des membres de l'association a a été retenu dans le cadre du budget participatif de la ville d'Amiens.
Notre projet s'est placé au 11ème rang sur les 26 retenus.