A la veille de la journée nationale du souvenir de la déportation et à l'occasion du 80ème anniversaire du retour des camps de concentration, l’association Centre de Mémoire et d’Histoire-Somme-Résistance et Déportation a rendu hommage aux fusillés de la citadelle d'Amiens ainsi qu'aux femmes et aux hommes déportés pour des raisons politiques ou raciales.
Cet hommage s'est déroulé au "poteau des fusillés" en deux temps. Il prit d'abord la forme de lectures publiques - extrait des dernières lettres de fusillés, poèmes, témoignages - réalisées par les membres de l'association et une jeune lycéenne, Zara, en classe de première au lycée Madeleine Michelis d'Amiens.
Dans un second temps, la chorale « Romances d’Antan » a prolongé ce moment de recueillement à travers des chants porteurs de mémoire et d’espoir.
Remercions le public venu partager ce moment émouvant ainsi que les élus présents : madame Zahia Hamdane, député de la 2ème circonscription ; mesdames Valérie Devaux, Margaux Delétré et monsieur Laurent Somon pour le Conseil départemental.
Une visite du poteau des fusillés et de la citadelle d'Amiens conclut l'après-midi.
La citadelle de Doullens n’a pas été uniquement cette prison qu’a connue en 1956 Albertine Sarrazin, l’auteur de l’Astragale.
A l'instar de la citadelle d'Amiens, elle fut employée comme lieu de détention sous l’Occupation, d’abord comme camp de transit pour les prisonniers français après la défaite de 1940 puis transformée, de septembre 1941 à mars 1943, en camp d’internement sous administration française dans le cadre de la lutte contre le communisme et le marché noir. Des juifs y furent également enfermés. Les autorités allemandes réquisitionnèrent ensuite la citadelle.
C’est cette page d’histoire en partie oubliée que met en lumière Guillaume Roussel, guide conférencier, titulaire d’un master en histoire.
Croisant travail en archives et recueil de témoignages, il montre en détail l’organisation et le fonctionnement du camp de transit puis du camp d’internement.
Ce qui fait la richesse de cet ouvrage c’est d’abord l’attention apportée aux principaux acteurs et aux prisonniers qui témoignent des conditions difficiles de détention et pour certains de leur volonté de s’évader. Mais c’est aussi l’abondance des illustrations extraites des différentes Archives ou réalisées spécialement pour appuyer la démonstration.
L’ouvrage, aujourd’hui épuisé, va connaître une quatrième édition. Pour le commander, vous pouvez vous adresser à l'office de tourisme de Doullens au 03 22 32 54 52 ou auprès de l'association Centre de Mémoire et d'Histoire-Somme-Résistance et Déportation qui en informeront l'auteur.
Signalons qu’en 2022, à l’initiative des Archives départementales de la Somme, Guillaume Roussel a donné une conférence sur « le camp d’internement administratif à Doullens » disponible sur youtube.
L'association Centre de Mémoire et d'Histoire- Somme- Résistance et Déportation a le plaisir de vous annoncer la parution prochaine du livre Destins de Femmes en Somme 1940-1945 Résister et subir à l'occupation réalisée par Myriam Cappe.
A la suite d'un travail mené patiemment pendant quatre ans, 180 femmes de tous âges et de tous milieux, de toutes idéologies, sont mises en lumière car, comme le disait Madeleine Riffaud, les femmes, «ont bien mérité leurs galons».
Dans le département de la Somme, elles furent très nombreuses, à entrer en résistance.
L'ouvrage met en avant leurs motivations, la multitude des actions réalisées mais aussi les destins qui basculent quand leurs engagements aboutissent à la dénonciation, l'arrestation, l'emprisonnement et la déportation.
Résister se conjugue au présent, quelle leçon en tirer ? En quoi leur vie nous concerne aujourd'hui ? Trois survivantes s'expriment.
Vous trouverez ci-dessous le bon de souscription à télécharger
L'assemblée générale 2024 s'est tenue le dimanche23 mars 2025. Le rapport d'activités et le rapport financier ont été approuvés à l'unanimité et le conseil d'administration a été reconduit dans sa totalité. L'ensemble des participants a appelé de ses voeux la création d'un centre de mémoire et d'histoire au poteau des fusillés, estimant qu'il revenait à la ville d'Amiens de porter ce projet.
Retrouverez ci-dessous la prise de parole de la présidente Mme Anatolie Mukamusoni ainsi que le diaporama présentant le rapport d'activités.
Le 5 février 2025 s'est tenue une conférence sur le thème Libérer et refonder la France (1943-1945) qui correspond à la question retenue pour le Concours national de la Résistance et de la Déportation entrant en résonance avec le 80° anniversaire de la Libération de la France.
Dans un premier temps M. Bernard Phan, professeur honoraire de Première supérieure au lycée Henry IV à Paris, a mis l'accent sur les relations complexes entre le général de Gaulle, chef de la France Libre et les Etats-UnIs pendant la seconde Guerre mondiale ainsi que sur les enjeux de la Libération et de la reconstruction de la France.
Dans un second temps, Mme Peggy Lefebvre-Defrocourt et M. Jean-Christophe Momal du service éducatif des Archives départementales de la Somme ont montré les possibilités de travail avec de jeunes scolaires sur les fonds des ressources des Archives. Leur diaporama est téléchargeable sur le site des Archives départementales de la Somme.
L’abbé Alfred Caron est né le 15 mars 1909 à Amiens. Vicaire de la paroisse Saint Acheul à Amiens puis curé de Friville à partir de 1937, il échappe le 12 novembre 1943 aux policiers allemands venus pour l’arrêter au presbytère de sa commune.
Membre de l’O.C.M. (Organisation Civile et Militaire), il était surveillé de très près depuis quelques temps pour son activité patriotique, particulièrement pour l’aide apportée aux réfractaires.
photographie extraite de l'ouvrage de l’ouvrage de Serge Lecul « La Résistance Vimeu 1942-1944 » (1994)
Après quelques brefs séjours en Picardie, puis à Paris, il se dirige vers le Sud, espérant atteindre l’Espagne et l’Afrique du Nord. Il est arrêté à Biarritz, relâché, arrêté de nouveau aux abords de la frontière,très probablement sur dénonciation d’un traitre, et remis entre les mains de la Gestapo. Dirigé sur Compiègne, il quitte le camp de Royallieu le 25 janvier 1944, un convoi qui part de Compiègne pour Buchenwald avec 1580 hommes.
Un témoin raconte : « Nous étions une centaine dans les wagons… Durant ce voyage, plusieurs de nos camarades réussirent à s’évader, après avoir fait une brèche dans les planchers. L’abbé Caron reçut leur confession… Lui-même devait sauter mais ne le put en raison de la vitesse du train.
Vers 3 heures du matin de cette nuit du 27 janvier 1944, des S.S. surgirent dans les wagons à bestiaux où nous restions 92 sur 100, et à coup de schlague, de pied et de crosses de revolver, nous entassèrent dans un bout du wagon pour nous compter. Ils nous feront ensuite mettre nus et descendre sur la voie pour changer de wagon… Le voyage se termina dans cette tenue, sans aucun aliment, seul un peu d’air nous parvenant des fentes du wagon. A l’arrivée les S.S. firent jeter sur le quai, les vêtements, les chaussures, les bagages, les corps de ceux qui avaient trépassé. Nous étions le 29 janvier vers minuit » (1).
Transféré à Buchenwald (matricule 43639), puis à Dora et Ellrich. Alfred Caron décède le 6 mars 1945.
(1) extrait de l'ouvrage de Jacques Lejosne, Jackie et Françoise Fusillier, 1940 - Amiens – 1944, Dans les griffes de la Gestapo, Amiens, auto-édition, 2012
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Buchenwald créé en 1937 dans une zone boisée à environ 8 km au nord-ouest de Weimar fut l'un des plus grands camps de concentration atteignant 112 000 prisonniers en février 1945. Il était le camp de destination de convois des hommes déportés depuis la France. On estime qu'au moins 56 000 prisonniers masculins, dont 11 000 Juifs, furent tués par les SS dans le complexe concentrationnaire de Buchenwald.
Mittelbau-Dora à près de 80 kilomètres de Buchenwald, est le dernier camp de concentration nazi ouvert en août 1943 et l’un des plus meurtriers . Il porte le nom de code du militaro-industriel complexe créé de toutes pièces. Deux tunnels, longs de deux kilomètres, d’un ancien dépôt de carburant sont transformés en une usine d’assemblage des V1 et des V2. Rien n’est prévu pour l'hébergement jusqu'au printemps 1944. Les déportés sont donc « enterrés vivants » dans des galeries où ils travaillent, vivent et souvent meurent. La mortalité a avoisiné les 6 000 personnes pendant les six premiers mois sur environ 12 000 déportés.
Ellrich était un des multitudes Kommandos extérieurs du camp central de Buchenwald. Il fut ouvert en mars 1944, passant progressivement de 700 à 8200 déportés devant travailler sur les chantiers d’armement. Le camp fut évacué le 4 avril 1945.
Par décret présidentiel du 30 septembre 2024, la médaille de la Résistance a été attribuée à titre posthume au lieutenant Marcel Martin mort pour la France le 2 septembre 1944, dans le parc du château de Cagny (Somme).
Son petit-fils, monsieur Thierry Martin, membre de notre association, s’est rendu le 9 février 2005 à la cérémonie officielle célébrant le 82e anniversaire de la création de la médaille de la Résistance française. Il s’est vu remettre par Christian Baptiste, délégué national de l’Ordre de la Libération et président de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française, le diplôme et la médaille de la Résistance décernée au lieutenant Marcel Martin.
Marcel Martin, originaire de Citernes (Somme) réside avec son épouse et ses trois enfants 111 chaussée Jules-Ferry, à Amiens. il travaille comme ouvrier au dépôt SNCF de Longueau, Il entre dans la résistance en 1942 avec pour pseudo « Bernard ». Au sein de la 4eme compagnie du groupement F.T.P.F. il participe avec le grade de lieutenant aux combats de la libération et fut tué par une balle en pleine tête à l’âge de 30 ans.
Ses obsèques se déroulent le mardi 5 septembre 1944. au cimetière de Saint Acheul à Amiens. Son cercueil est recouvert du drapeau tricolore, sur la couronne de fleurs parmi d’autres fleurs on peut lire « Mort au champ d’honneur ». Les soldats britanniques alors présents rendent les honneurs à celui qui ést qualifié de "chef de la résistance Cagny-Saint Fuscien".
La Picardie nouvelle n°7 du 7 septembre 1944
Son nom figure sur la plaque commémorative 1939-1945 des chemins de fer du Nord en gare de Longueau ainsi que sur la stèle commémorative sur son lieu de travail, le dépôt SNCF de Longueau.