la resistance dans la somme

Publié le 14 Février 2024

En 1931, l’abbé Léon RICHARD, nouvellement ordonné, est nommé à la Communauté de HAM. Dès son arrivée il est désigné aumônier du groupe scout avec un autre prêtre.
Il est mobilisé en 1939 mais au début de la guerre, en juin 1940, il est blessé dans un bombardement et perd le pied droit. C’est à vélo, sur une pédale qu’il se déplace.
Démobilisé, il revient à Ham, relance l’aumônerie du groupe scout et gère les paroisses d’Eppeville et de Muille et de MUILLE.
Malheureusement, le 20 mai 1940, la belle église romane d’Eppeville est démolie et durant toute la guerre l’abbé RICHARD officie les services catholiques dans un bâtiment des Entrepôts de la sucrerie.

Là se célèbrent les mariages, les enterrements et les fêtes religieuses, avec de nombreuses processions qui conduisent les paroissiens d’une France pétainiste jusqu’à la petite chapelle voisine. Ces paroissiens ignorent que dans le confessionnal, le samedi, ils avouent leurs fautes à un grand résistant, adjoint du Docteur PUCHE.

Ami du Colonel LEFRANT et du docteur, il engage progressivement les scouts aînés à servir la France. Une lutte qu’il veut avant tout passive. Lui-même étant pour la non-violence. L’abbé RICHARD transmet aux jeunes les missions de reconnaissance demandées par le Docteur PUCHE, portages de messages, situations des positions allemandes, déplacements de l’ennemi, comptages de véhicules etc…
C’est lui qui annonce à René VALENTIN qu’il est remplacé par André DELORME pour une mission dangereuse à Saint Quentin. Celui-ci le paiera de sa vie.

En 1950 l’abbé RICHARD est nommé Doyen à VILLERS-BRETONNEUX et quitte les ordres l’année suivante comme de nombreux prêtres après la guerre.
Bâtiment des Entrepôts qui servit d’église durant toute la guerre

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Publié le 14 Février 2024

 

André DELORME, fusillé le 27 août 1944 à l’âge de 20 ans

Le scoutisme était interdit en zone occupée. Malgré cela un peu partout en France des groupes subsistaient. Ce fut le cas pour Eppeville, Ham et l’agglomération voisine.
L’abbé Léon RICHARD, curé d’Eppeville, l’un des adjoints du Docteur PUCHE, anime le groupe Charles de FOUCAULD dont font partie René VALENTIN et André DELORME. Le 21 août 1944, René VALENTIN est désigné pour une liaison avec les chefs scouts de SAINT QUENTIN auprès d’un certain capitaine CORETTE, afin de définir ensemble un lieu de parachutage entre les deux villes. Au dernier moment, René VALENTIN est remplacé par André DELORME qui connait davantage les chefs scouts de SAINT QUENTIN.
Les Allemands sont en alerte par l’arrivée des Américains et s’attendent apparemment à cet évènement en sillonnant tout le territoire avec leurs véhicules.
André DELORME est capturé avec le capitaine CORETTE ainsi que ceux qui les accompagnent.
Ils sont massacrés à Fontaine-Notre-Dame, près de Saint Quentin le 27 août 44.

HAM fut libérée le 2 septembre. Le 13 septembre, lors d’une cérémonie solennelle, le Docteur PUCHE rendit compte des missions périlleuses accomplies par le jeune martyr et décrivit les circonstances héroïques et effroyables de sa mort face à l’ennemi.

Une rue de HAM rappelle le sacrifice d’André DELORME

Jean-Marie Laout

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Publié le 14 Février 2024

Né à MISERY près de CHAULNES, le 27 juin 1901, Auguste PUCHE fut un docteur très apprécié par la population de l’agglomération hamoise. Les habitants le surnomment familièrement : « Tchot PUCHE ».

André VILLEMONT, Roberte VASSENT, Louis VICAIGNE, Jean-Marie LAOUT, se souviennent de ses interventions dans leurs familles pour les maladies et les accouchements. Les épidémies frappent particulièrement les enfants en ces temps de guerre : rougeole, scarlatine, rubéole, oreillons et autres…Ils se rappellent aussi des secours apportés aux blessés lors des bombardements ainsi qu’aux aviateurs alliés. Ils ont particulièrement en mémoire le 17 avril 1943, jour du crash d’une forteresse sur Saint SULPICE et EPPEVILLE. Le Docteur PUCHE a remis à neuf l’hôpital et la maternité de HAM. Ces enfants-là ignorent, bien sûr, le rôle éminent que joue leur médecin dans l’armée des ombres.

Dès 1940, le docteur PUCHE se sent investi d’une mission : celle de regrouper toutes les personnes qui n’admettent pas la défaite de la France. HAM, sa ville est coupée en deux et sert de frontière entre la zone interdite et la zone occupée. Lui-même habitant en zone interdite.
C’est ainsi que le modeste Docteur PUCHE devient le chef de la résistance de l’agglomération. Avec son ami Jean GRONIER (futur président du comité de libération) il contacte MM. LEFRANC, RICHARD, SELEMAGNE, BOURDON, RIGAULT, DESJARDIN personnalités diverses de HAM, ainsi que des cultivateurs de Bouchy, Monchy-Lagache, Sancourt où la famille DOSSIN jouera un rôle capital, etc…Il peut s’appuyer sur Gaston LEJEUNE (futur maire de HAM) et certains enseignants comme Arthur CALIPPE ((futur membre du comité de libération), Arthuro GRANDO et de maires comme BIENFAIT d’Eppeville, DOSSIN de Sancourt, PINGUET de Saint Sulpice, BOURDON d’Estouilly etc…(liste non exhaustive que l’on ne peut, hélas, détailler ici)

Le Docteur PUCHE crée un véritable réseau de résistants en ne tenant aucun compte des opinions politiques ni de l’origine sociale ni de l’âge des volontaires, les prêtres de la Communauté de HAM y ont toute leur part.
Le Docteur PUCHE est en relation avec les alliés auxquels il transmet de précieux renseignements grâce aux agents de liaison dans lesquels servent les routiers scouts. Dans la cave de son domicile, était caché sous le tas de pommes de terre le poste émetteur permettant de joindre le QG de Londres.

Il correspond aussi avec les services de santé d’Amiens et plus tard avec tous les maquis environnants comme celui de Beaumont en Beine, dans l'Aisne.
Auguste PUCHE fabrique de faux papiers pour les jeunes qu’il envoie dans les maquis voisins afin d’échapper au travail obligatoire organisé par PETAIN.
Sa tâche la plus importante est certainement les secours apportés aux aviateurs tombés dans la région en leur prodiguant soins et nourriture, mais surtout en les renvoyant en Angleterre par les filières résistantes.
Le dévoué médecin se déplace jour et nuit grâce à son laissez-passer de professionnel accompagné de son infirmière Madame DOSSIN de Sancourt dont la famille cache et héberge de nombreux clandestins.  Huit aviateurs tombés sont venus le remercier après la guerre.


A la libération, Auguste PUCHE ne demanda jamais rien à la FRANCE. Il reçut un diplôme de reconnaissance signé de Dwight EISENHOWER et de Winston CHURCHILL.
Il se retira dans le Sud en 1955 et mourut le 12 juin 1969.
Le 8 mai 1998, soit 54 ans après la Libération, suite aux recherches des élèves du Collège de la ville, motivés par leurs professeurs d’Histoire. MARC BONEF, maire de HAM rendit un fervent hommage à Auguste Puche au nom de tous les habitants de l’Agglomération mais aussi au nom de tous ces Résistants qui n’ont jamais baissé la tête dans les jours sombres de notre Histoire.

*

Ces pages ont été rassemblées grâce aux documents de la famille PUCHE, que nous remercions chaleureusement, aux coupures de presse du Journal de HAM, à la prise de parole de Marc BONEF, Maire de HAM, au témoignage de la famille DOSSIN, aux écrits de René VALENTIN, et aux souvenirs d’enfance de rares survivants.

Jean Marie Laoût

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Publié le 9 Janvier 2024

L'histoire de la Résistance dans la Somme peut être divisée en quatre grandes périodes :

Août 1940 - janvier 1941
L'armistice signé, les populations reviennent d'exode et la vie reprend difficilement dans un département partagé entre zone interdite au nord et zone occupée au sud et où les principales villes ont été bombardées. Le problème du ravitaillement se pose très tôt. La défaite et la présence des troupes allemandes suscitent les premières réactions hostiles 
d’abord de manière individuelle puis collective. Elles prennent des forme diverses : aide aux évadés, cache d'armes, tracts, renseignement, sabotage.
Très tôt la répression est féroce (exécution de Lucien Brusque et d'Emile Masson  dans les fossés de la citadelle d'Amiens pour sabotage, le 12 novembre 1940)

Février 1941 - avril 1942
Les mouvements et les réseaux naissent et se structurent avec plus ou moins de difficultés. La première force dans le département est représentée par le Parti communiste 
et ses deux organisations : le Front National menant des actions de propagande et les F. T. P. ,au recrutement sans exclusive, appelés à lutter contre l'occupant. Celui-ci, aidé par le gouvernement de Vichy accentue la répression qui vise les résistants et les juifs

Mai 1942 - octobre 1943
La Résistance s'affirme.
Les réseaux d'évasion et de renseignements se montrent efficaces, même  avec des effectifs  réduits et les FTP multiplient les actions (attentats, sabotages, etc.) qui gênent de plus en plus les forces d'Occupation. Le STO et les difficultés de ravitaillement, malgré les multiplications des bombardements alliés, font évoluer l'opinion publique en faveur des Résistants. La preuve a contrario est le faible succès des partis collaborationnistes dans la Somme.

Novembre 1943 - septembre 1944
Alors que la répression s'abat sur les réseaux et les mouvements, dont de nombreux responsables  sont arrêtés jusqu'en juillet 1944, la Résistance  s'unifie sur le plan politique au sein du
Comité Départemental de Libération de la Somme et sur le plan militaire au sein des FFI qui participent à la libération du département. A la joie de la liberté retrouvée succèdent les premières déceptions  : difficultés pour revenir à une vie normale - rationnement maintenu, manque de chauffage, habitations à reconstruire - et  épuration réduite.

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