Villers Bretonneux : Déportés politiques et Résistants.

Publié le 15 Février 2024

Le tribut payé par Villers-Bretonneux est lourd.
Les miliciens et agents français, à la solde de la Gestapo, seront nombreux, répartis sur notre territoire. Aussi aberrant que cela puisse paraître, il existe de tels individus. Ces parias, des dégénérés, dénonceront des personnes appartenant aux partis politiques.
La milice, à l’origine, prétend être une manière de la « chevalerie », l’élite active de cette grande masse, un peu floue qu’est la légion des combattants. Son chef, Darnand est un héros des deux guerres, l’homme des coups de main et des corps francs, foncièrement anti allemand, qui finira par servir sous l’uniforme de la Wehrmacht.
Des bienpensants adhérents à la milice par anti communisme aveugle ; leur recrutement variera d’un département à l’autre, tantôt récoltant l’ancien personnel des lignes, tantôt groupant des jeunes écoeurés de la défaite.
A côté d’eux vont s’agglomérer bientôt des hommes de main, repris de justice ou voyous à qui la milice permettra d’assouvir leur cynisme.
La milice comptera jusqu’à 15 000 hommes à son école à Uriage où sont censés se préparer ceux de demain qui seront les maîtres à agir et à penser du pays, ce qui n’empêchera pas certains d’entre eux de piller et de violer.
Ces inconscients cherchant, pour se justifier, des alibis : ils font valoir que jamais ils n’ont combattu contre les forces régulières françaises : les maquisards, évidemment, à les croire, sont des hors la loi, des bandits.

Parmi les combattants des maquis ou la Résistance, ils distinguent arbitrairement les bons des mauvais. L’Armée secrète passe encore, sauf à partir de 1944, ce sont d’anciens militaires mais les F.T.P, ces terroristes communistes sont dignes de leur exécration.
Ils les dénoncent aux Allemands et s’ils les font prisonniers, ils les fusillent sur le champ.
C’est le mariage milice et Gestapo, une association redoutable pour les Résistants et sympathisants politiques.

Villers-Bretonneux aura le triste privilège de voir arriver l’un de ces individus, inconnu de la population. Importation féminine ? Vivant en concubinage ou mission précise ? Peut-être l’un engendrant l’autre ? Quoi qu’il en soit, des plus néfastes pour les patriotes.
L’état civil de Groslay (aujourd'hui dans le Val-d'Oise) précise : « naissance le 14 juillet 1912 de JUSSERAND Kléber, Albert, Eugène, alors que celui d’Amiens révèle du nommé ci-dessus « décédé le 16 Juin 1945 à la caserne Boyeldieu ». Il avait été jugé par le tribunal militaire pour ses exactions antérieures.
Le garde voix HOURRIER fera lui aussi parler de ses actes.


Il faut rendre un hommage plein de déférence aux 24 déportés politiques, dont certains furent des Résistants qui ont subi tortures, privations, coups . . .
Parmi eux, 14 mourront dans les camps, certains viendront mourir dans leur famille.
Les autres, suite à leurs souffrances, le temps leur sera compté ; ils mourront prématurément dans les années qui suivirent 1945. »

Robert DESAEGHER


Extrait de : VILLERS-BRETONNEUX : 31 août 1944 LA LIBERATION par le Lieutenant-Colonel Iréné JUBRE

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